Une refonte SEO est bien plus qu’un simple relooking de votre site web. C’est une opération stratégique qui touche à la structure, aux contenus, à la technique et à l’expérience utilisateur de votre site internet. Mal anticipée, elle peut provoquer une chute brutale de votre trafic organique et réduire à néant des mois, voire des années de travail de référencement. Bien pilotée, elle devient au contraire un levier pour renforcer votre visibilité sur les moteurs de recherche et gagner de nouvelles positions.
Ce guide couvre l’intégralité du processus : de l’audit initial jusqu’au suivi post-lancement, en passant par le plan de redirection, la nouvelle arborescence et le recettage SEO. Que vous gériez un site vitrine, un blog ou un site e-commerce, vous y trouverez une méthode actionnable pour mener votre projet de refonte sans risquer vos acquis SEO.
Tableau de synthèse : les actions clés d’une refonte SEO
Avant d’entrer dans le détail de chaque étape, voici une vue d’ensemble des actions à mener lors d’une refonte de site web, classées par priorité. Utilisez ce tableau comme une checklist de pilotage tout au long de votre projet.
| Action | Phase | Priorité | Temps estimé | Responsable |
|---|
| Audit SEO complet (technique, contenu, popularité) | Avant | Critique | 3 à 5 jours | Consultant SEO |
| Crawl et export de toutes les URLs existantes | Avant | Critique | 1 jour | SEO / Technique |
| Sauvegarde des métriques de référence (positions, trafic, conversions) | Avant | Critique | 1 jour | SEO / Analytics |
| Analyse des mots clés et nouvelles opportunités | Avant | Haute | 2 à 4 jours | Consultant SEO |
| Définition de la nouvelle arborescence | Avant | Critique | 2 à 5 jours | SEO + UX |
| Rédaction du cahier des charges SEO | Avant | Haute | 2 à 3 jours | Consultant SEO |
| Création du plan de redirection 301 | Avant | Critique | 2 à 5 jours | SEO + Dev |
| Audit des backlinks et identification des liens à préserver | Avant | Haute | 1 à 2 jours | Consultant SEO |
| Nettoyage des contenus : suppression, fusion, 410 | Avant | Haute | 2 à 5 jours | SEO + Rédacteur |
| Optimisation des contenus existants et création de nouveaux | Pendant | Haute | 5 à 15 jours | Rédacteur + SEO |
| Validation du maillage interne et de la profondeur des pages | Pendant | Haute | 2 à 3 jours | SEO |
| Tests de performance à chaque étape du développement | Pendant | Haute | En continu | Dev + SEO |
| Configuration du balisage (title, meta, Hn, données structurées) | Pendant | Critique | 2 à 4 jours | SEO + Dev |
| Recettage SEO en pré-production | Pendant | Critique | 2 à 3 jours | SEO + Dev |
| Vérification que la pré-prod est non indexable | Pendant | Critique | 15 min | Dev |
| Test des redirections sur environnement de test | Pendant | Critique | 1 jour | SEO + Dev |
| Mise en ligne et vérification immédiate des redirections | Après | Critique | 1 jour | Dev + SEO |
| Soumission du sitemap.xml dans Google Search Console | Après | Critique | 30 min | SEO |
| Vérification du robots.txt et des balises noindex | Après | Critique | 30 min | SEO |
| Suivi quotidien des KPI pendant 60 jours | Après | Haute | 15 min/jour | SEO / Analytics |
| Mise à jour des backlinks externes (contact partenaires) | Après | Moyenne | 2 à 5 jours | SEO / Marketing |
| Bilan comparatif à J+60 | Après | Haute | 1 jour | SEO / Analytics |
Pourquoi une refonte peut détruire votre référencement
Avant de parler de méthode, il faut comprendre les risques. Une refonte de site web modifie simultanément les trois piliers du SEO : la structure technique, les contenus et la popularité (via les liens). Quand Google découvre ces changements, il doit réévaluer l’ensemble de votre site. Si cette transition est mal gérée, le moteur de recherche interprète les modifications comme une perte de pertinence.
Les causes les plus fréquentes de perte de trafic
Plusieurs erreurs reviennent systématiquement dans les projets de refonte qui tournent mal :
- Absence de redirections 301 : les anciennes URLs renvoient des erreurs 404. Google désindexe les pages, le trafic s’effondre.
- Suppression de pages performantes : lors d’une refonte, on supprime souvent des pages jugées « anciennes » sans vérifier qu’elles généraient du trafic ou des backlinks importants.
- Modification profonde du contenu : réécrire une page bien positionnée en changeant radicalement son champ lexical, c’est dire à Google que cette page ne traite plus le même sujet.
- Robots.txt ou balise noindex oubliés : l’environnement de pré-production bloquait les robots. Le jour de la mise en ligne, personne n’a pensé à retirer ces restrictions. Le nouveau site reste invisible pour Google.
- Maillage interne cassé : la nouvelle arborescence crée des pages orphelines ou modifie la distribution du jus de lien vers les mauvaises pages.
- Performances dégradées : un nouveau design plus lourd ralentit le site, ce qui impacte l’expérience utilisateur et les signaux envoyés aux moteurs de recherche.
L’ampleur de la baisse dépend du type de refonte
Toutes les refontes ne présentent pas le même niveau de risque. Voici une grille d’évaluation :
| Type de refonte | Risque SEO | Points d’attention principaux |
|---|
| Refonte graphique seule (même CMS, mêmes URLs) | Faible | Performances, balisage HTML, contenus visibles |
| Changement de CMS (WordPress vers Shopify, etc.) | Elevé | Structure des URLs, redirections, fonctionnalités SEO du CMS |
| Refonte avec changement d’arborescence | Elevé | Maillage interne, profondeur des pages, redirections |
| Changement de nom de domaine | Très élevé | Transfert d’autorité, notification Search Console, backlinks |
| Migration HTTP vers HTTPS | Moyen | Redirections, canonical, liens internes |
| Fusion de plusieurs sites en un seul | Très élevé | Cannibalisation, choix des pages à conserver, gestion du duplicate |
Avant la refonte : l’audit et la préparation
La phase de préparation représente 80 % du succès d’une refonte SEO. Ne touchez à rien tant que cette étape n’est pas terminée.
Réaliser un audit SEO complet de l’existant
L’objectif est de savoir exactement ce que vous avez, ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré. Cet audit couvre trois dimensions :
Audit technique : crawlez votre site avec un outil comme Screaming Frog ou Sitebulb. Identifiez les erreurs 404 existantes, les pages en noindex, les problèmes de canonical, la profondeur des pages, la vitesse de chargement et les Core Web Vitals. Ce crawl vous donnera aussi la liste complète de toutes vos URLs, indispensable pour le plan de redirection.
Audit de contenu et de positionnement : connectez-vous à Google Search Console et Google Analytics. Exportez les données suivantes pour chaque URL : le trafic organique sur les 12 derniers mois, les mots clés sur lesquels chaque page est positionnée, les positions moyennes, le taux de clic et les conversions. Identifiez vos pages « piliers » : celles qui génèrent l’essentiel de votre trafic et de vos résultats.
Audit de popularité : analysez votre profil de backlinks avec un outil comme Ahrefs, Semrush ou Majestic. Repérez quelles pages reçoivent des liens entrants de qualité. Ces pages doivent impérativement être conservées ou redirigées avec soin, sous peine de perdre l’autorité qu’elles ont accumulée.
Sauvegardez toutes ces données dans un document de référence. Ce sera votre point de comparaison après la mise en ligne du nouveau site. Sans cette baseline, vous ne pourrez pas mesurer l’impact réel de la refonte.
Analyser les mots clés et identifier de nouvelles opportunités
Une refonte est le moment idéal pour revoir votre stratégie de mots clés. Les intentions de recherche évoluent, de nouveaux concurrents apparaissent, et certaines de vos pages ciblent peut-être des requêtes qui ne sont plus pertinentes.
Commencez par exporter vos mots clés actuels depuis Search Console. Classez-les par volume de recherche, position actuelle et potentiel de conversion. Comparez ensuite avec vos concurrents : sur quels mots clés sont-ils positionnés alors que vous ne l’êtes pas ? Ces nouvelles opportunités pourront alimenter la stratégie éditoriale du nouveau site.
Construisez une carte de mots clés (keyword mapping) : un document qui associe à chaque page du futur site un mot clé principal et des mots clés secondaires. Ce mapping sera votre guide pour la rédaction des contenus et l’optimisation des balises.
Définir la nouvelle arborescence
La refonte de votre site est l’occasion de repenser sa structure. Votre arborescence doit répondre à deux objectifs : offrir une navigation fluide à vos utilisateurs et faciliter le crawl et l’indexation par Google.
Quelques principes à respecter :
- Gardez une profondeur maximale de 3 à 4 niveaux depuis la page d’accueil. Plus une page est profonde, moins elle reçoit de jus de lien et moins elle a de chances d’être crawlée régulièrement.
- Vos pages stratégiques (celles qui ciblent vos mots clés principaux) doivent être accessibles en 2 clics maximum.
- Organisez votre contenu en silos thématiques cohérents pour renforcer la pertinence sémantique aux yeux de Google.
- Pensez à l’expérience utilisateur : une arborescence claire réduit le taux de rebond et améliore le taux de conversion.
Faites valider cette arborescence par le SEO et l’UX avant de la transmettre aux équipes de développement. Trop souvent, les maquettes sont créées sans la validation SEO, ce qui aboutit à des compromis coûteux en fin de projet.
Construire le plan de redirection
Le plan de redirection est le document le plus critique de votre refonte. Il fait correspondre chaque ancienne URL à sa nouvelle URL sur le futur site, via une redirection 301 (permanente).
Comment le construire :
- Partez de la liste complète de vos URLs actuelles (issue du crawl Screaming Frog).
- Pour chaque URL, identifiez la page correspondante sur le nouveau site. La correspondance doit être pertinente : on redirige une page produit vers la page produit équivalente, pas vers la page d’accueil.
- Si une page n’a pas d’équivalent sur le nouveau site, redirigez-la vers la page la plus proche thématiquement. Si la page n’a aucun trafic ni backlink, vous pouvez opter pour une réponse 410 (contenu supprimé volontairement).
- Documentez tout dans un tableur : ancienne URL, nouvelle URL, type de redirection (301 ou 410), volume de trafic de l’ancienne page, nombre de backlinks.
Ne redirigez jamais toutes vos anciennes pages vers la page d’accueil. Google considère cela comme des soft 404 et ne transfère pas l’autorité. Chaque redirection doit pointer vers un contenu pertinent.
Préparez-vous à plusieurs itérations. Même en anticipant au maximum, vous découvrirez des cas particuliers après la mise en ligne. Prévoyez un processus de correction rapide.
Nettoyer et rationaliser les contenus existants
Une refonte de site web est le moment de faire le tri. Après des mois ou des années de vie, votre site a accumulé des pages qui n’ont plus lieu d’exister : contenus obsolètes, doublons, pages produit vides, articles qui n’ont jamais généré une seule visite. Les garder dans le nouveau site, c’est embarquer du poids mort qui dilue la pertinence globale de votre domaine aux yeux de Google.
Reprenez la liste d’URLs issue de votre crawl et croisez-la avec vos données Analytics et Search Console. Pour chaque page, posez-vous trois questions :
- Cette page génère-t-elle du trafic organique ou des conversions ?
- Reçoit-elle des backlinks de qualité ?
- Répond-elle à une intention de recherche identifiée dans votre keyword mapping ?
Si la réponse est non aux trois questions, la page est candidate à la suppression. Vous avez alors deux options : la rediriger (301) vers une page thématiquement proche si elle a un minimum d’historique, ou la supprimer proprement avec un code 410 si elle n’a strictement aucune valeur. Ce travail de nettoyage a un impact direct sur la qualité du crawl budget : moins Google perd de temps sur des pages inutiles, plus il consacre de ressources à vos pages stratégiques.
Identifiez aussi les pages qui traitent du même sujet et se cannibalisent. Deux articles qui ciblent le même mot clé se font concurrence dans les résultats de recherche. La refonte est l’occasion de les fusionner en un seul contenu plus complet, plus riche, qui concentre toute l’autorité sur une seule URL.
Le piège classique : repartir du nouveau site en y copiant tous les anciens contenus sans tri. Vous reproduisez les mêmes problèmes avec une couche de peinture neuve. Privilégiez la qualité à la quantité : chaque page du nouveau site doit avoir un objectif précis, qu’il s’agisse de conversion, d’information ou de notoriété.
Pendant la refonte : développement et recettage SEO
La phase de développement est celle où les erreurs les plus graves se glissent. Le SEO doit être impliqué à chaque étape, pas seulement consulté en fin de parcours.
Rédiger un cahier des charges SEO
Avant que les développeurs ne commencent à coder, formalisez vos exigences SEO dans un cahier des charges dédié. Ce document doit couvrir :
- Les règles de construction des URLs (format, structure, séparateurs, absence de paramètres inutiles).
- Le balisage HTML attendu : <title>, <meta description>, structure des balises Hn, attributs alt sur les images.
- La gestion des canonicals et du hreflang pour les sites internationaux.
- Les exigences de performance : temps de chargement cible, optimisation des images, lazy loading.
- La compatibilité mobile (responsive design natif, pas de version m-dot séparée).
- Les données structurées à implémenter (Schema.org).
- La possibilité d’éditer individuellement les balises SEO de chaque page depuis le CMS.
Ce cahier des charges est votre filet de sécurité. Les équipes de développement doivent le valider avant de commencer.
Structurer le maillage interne et maîtriser la profondeur des pages
Le maillage interne est l’un des leviers SEO les plus sous-estimés lors d’une refonte, et pourtant l’un des plus puissants. Il détermine comment le jus de lien circule entre vos pages, comment Google découvre et comprend votre contenu, et comment vos visiteurs naviguent d’une page à l’autre.
Lors de la construction du nouveau site, ne laissez pas le maillage interne se faire « tout seul » via les menus et le footer. Travaillez-le intentionnellement :
- Cartographiez les liens internes cibles : pour chaque page stratégique, définissez quelles autres pages doivent pointer vers elle et avec quelles ancres de lien. Vos pages qui ciblent des mots clés à fort volume doivent recevoir le plus grand nombre de liens internes contextuels.
- Respectez la règle des 3 clics : chaque page importante doit être accessible en 3 clics maximum depuis la page d’accueil. Si une page se retrouve enfouie au 5e ou 6e niveau de profondeur, Google la crawlera rarement et elle n’accumulera pas assez d’autorité interne pour se positionner.
- Eliminez les pages orphelines : une page orpheline (qui n’a aucun lien interne pointant vers elle) est invisible pour Google. Crawlez votre environnement de pré-production et identifiez toute page qui n’est atteignable que via le sitemap ou une URL directe.
- Pensez en silos thématiques : regroupez vos pages par univers sémantique et faites-les se lier entre elles. Un article de blog sur la « migration SEO » doit naturellement pointer vers votre page glossaire sur les redirections 301, et inversement. Cette cohérence thématique renforce la pertinence de l’ensemble du silo aux yeux de Google.
La refonte est aussi le moment d’implémenter des éléments de navigation secondaire si votre ancien site n’en avait pas : fil d’Ariane, blocs « articles liés », liens contextuels dans le corps du texte. Chacun de ces éléments contribue à la distribution du jus SEO et à l’amélioration de l’expérience utilisateur.
Travailler en pré-production
Toute refonte doit être réalisée sur un environnement de pré-production (ou staging), isolé du site en ligne. Ce serveur de test doit être :
- Non indexable par Google : protégez-le avec un robots.txt bloquant, une balise noindex globale, et idéalement un accès par mot de passe (authentification HTTP). Vérifiez ce point dès la première minute.
- Identique à l’environnement de production : même configuration serveur, même CMS, mêmes contenus. Les tests n’ont de valeur que s’ils reflètent la réalité.
C’est sur cet environnement que vous allez mener le recettage SEO.
Recettage SEO : la checklist avant mise en ligne
Le recettage est l’inspection finale de votre nouveau site avant qu’il ne soit visible du public et des moteurs de recherche. Crawlez l’environnement de pré-production avec Screaming Frog et vérifiez systématiquement :
Balisage et contenu :
- Chaque page a un <title> unique et optimisé pour son mot clé cible.
- Chaque page a une <meta description> unique, de 150 à 160 caractères.
- La structure des balises Hn est cohérente : un seul H1 par page, des H2 pour les sections, des H3 pour les sous-sections.
- Les attributs alt sont renseignés sur toutes les images.
- Les contenus des pages clés n’ont pas été appauvris (vérifiez le nombre de mots par rapport à l’ancien site).
Technique :
- Le sitemap.xml est généré et contient toutes les pages importantes (et uniquement celles-ci).
- Le robots.txt de production autorise l’accès aux robots (contrairement à celui de pré-prod).
- Aucune page importante n’est en noindex par erreur.
- Les canonical pointent vers les bonnes URLs.
- Le HTTPS est actif sur l’ensemble du site, sans contenu mixte.
- Les performances sont au rendez-vous : testez avec PageSpeed Insights et visez un score supérieur à 80 sur mobile.
Redirections :
- Toutes les redirections 301 sont implémentées et fonctionnelles.
- Aucune chaîne de redirections (une redirection qui pointe vers une autre redirection).
- Aucune boucle de redirection.
- Les redirections pointent vers des pages qui répondent en 200 (pas vers d’autres redirections ou des 404).
Maillage interne :
- Aucun lien interne ne pointe vers une ancienne URL (ils doivent pointer directement vers les nouvelles).
- Les pages stratégiques reçoivent un nombre suffisant de liens internes.
- Pas de pages orphelines (pages qui n’ont aucun lien entrant depuis le reste du site).
Astuce : prévoyez une période de gel de 10 à 15 jours avant la mise en ligne. Pendant cette période, aucune modification ne doit être apportée au site de pré-production. Cela garantit que vos tests sont réalisés à périmètre constant et que rien ne sera introduit au dernier moment sans vérification.
La mise en ligne : le jour J
Le passage en production est un moment critique. Programmez-le de préférence pendant une période de faible activité (jamais un vendredi après-midi, jamais avant une période de forte saisonnalité pour un site e-commerce).
Actions immédiates après le déploiement
- Vérifiez le robots.txt : assurez-vous que les directives de pré-production ont été retirées et que Google peut accéder à votre site.
- Vérifiez les balises noindex : crawlez rapidement les pages principales pour confirmer qu’aucune balise noindex de pré-production n’est restée.
- Testez un échantillon de redirections 301 : vérifiez manuellement une vingtaine de redirections couvrant différents types de pages (accueil, catégories, fiches produit, articles de blog).
- Soumettez le nouveau sitemap.xml dans Google Search Console. Si vous avez changé de domaine, utilisez la fonction « Changement d’adresse » de la Search Console.
- Demandez l’indexation des pages les plus importantes via la Search Console (outil d’inspection d’URL).
- Vérifiez que vos outils analytics fonctionnent : Google Analytics, votre outil de suivi de conversions, et tout tag manager doivent remonter les données correctement.
Les premières 48 heures
Surveillez en temps réel :
- Les erreurs 404 dans Google Search Console (le rapport peut mettre quelques jours à se mettre à jour, mais les erreurs les plus flagrantes apparaîtront vite).
- Les logs serveur pour vérifier que Googlebot crawle bien les nouvelles pages et suit les redirections.
- Le trafic organique dans Google Analytics : une chute immédiate et drastique est le signe d’un problème technique grave (robots.txt bloquant, noindex oublié, redirections cassées).
Soyez réactif. Si une anomalie apparaît, corrigez-la dans l’heure. Les premières heures et les premiers jours conditionnent la façon dont Google va appréhender votre nouveau site.
Après la refonte : le suivi et l’optimisation continue
La mise en ligne n’est pas la fin du projet, c’est le début d’une phase de surveillance active. Google a besoin de temps pour recrawler, réindexer et réévaluer votre site. Comptez entre 4 et 8 semaines avant une stabilisation complète de vos positions.
Le suivi des 60 premiers jours
Mettez en place un tableau de bord de suivi avec les KPI suivants :
| KPI | Outil | Fréquence de suivi | Seuil d’alerte |
|---|
| Trafic organique | Google Analytics | Quotidien | Baisse > 20 % vs période précédente |
| Erreurs 404 | Google Search Console | Quotidien | Toute nouvelle erreur 404 sur une page clé |
| Pages indexées | Google Search Console | Hebdomadaire | Ecart > 10 % avec le nombre de pages attendu |
| Positions des mots clés stratégiques | Semrush / Haloscan / SE Ranking | Quotidien | Perte de plus de 5 positions |
| Taux de conversion organique | Google Analytics | Hebdomadaire | Baisse > 15 % vs baseline |
| Core Web Vitals | PageSpeed Insights / Search Console | Hebdomadaire | Passage dans la zone « mauvais » |
| Crawl stats (Googlebot) | Google Search Console / Logs | Hebdomadaire | Baisse du nombre de pages crawlées par jour |
Comparez systématiquement vos données à la baseline sauvegardée avant la refonte. Tenez compte de la saisonnalité en comparant aussi à N-1 quand c’est possible.
Les correctifs les plus fréquents post-lancement
Même avec une préparation rigoureuse, des ajustements seront nécessaires. Voici les problèmes les plus courants après une mise en production :
- Redirections manquantes ou incorrectes : certaines anciennes URLs n’avaient pas été identifiées lors de l’audit. Surveillez les 404 et ajoutez les redirections au fil de l’eau.
- Liens internes pointant vers des anciennes URLs : les redirections fonctionnent, mais créent des chaînes inutiles. Mettez à jour les liens pour qu’ils pointent directement vers les nouvelles URLs. Sur WordPress, un plugin comme Better Search Replace simplifie cette opération.
- Contenu appauvri : si une page perd des positions alors que sa redirection est correcte, le problème vient souvent d’un contenu qui a été raccourci ou modifié de façon trop importante lors de la refonte.
- Problèmes de performance : un nouveau design plus lourd en JavaScript ou en images non compressées peut dégrader les Core Web Vitals. Optimisez dès que vous détectez une régression.
Mettre à jour les backlinks
Vos backlinks les plus importants pointent probablement encore vers vos anciennes URLs. Les redirections 301 transfèrent la majeure partie de l’autorité, mais pas 100 %. Pour maximiser la préservation de votre autorité, contactez les webmasters des sites qui vous référencent le plus et demandez-leur de mettre à jour leurs liens vers vos nouvelles URLs.
Concentrez vos efforts sur les backlinks provenant de sites à forte notoriété et sur ceux qui pointent vers vos pages les plus stratégiques.
La refonte SEO comme levier de croissance
Jusqu’ici, nous avons surtout parlé de préservation. Mais une refonte bien menée est aussi une opportunité de croissance. Voici comment en tirer profit.
Corriger les erreurs accumulées
Au fil du temps, un site accumule de la dette technique : pages dupliquées, contenus obsolètes, architecture devenue incohérente, balises mal optimisées. La refonte est le moment de tout remettre à plat. Profitez-en pour :
- Fusionner les pages qui traitent du même sujet et se cannibalisent dans les résultats de recherche.
- Supprimer proprement (en 410 ou avec une redirection) les pages qui n’apportent ni trafic, ni valeur, ni liens.
- Réécrire les contenus obsolètes en les alignant sur les intentions de recherche actuelles.
- Implémenter les données structurées manquantes pour enrichir votre apparence dans les résultats de recherche.
Cibler de nouvelles opportunités de mots clés
L’analyse concurrentielle menée pendant la phase d’audit a peut-être révélé des opportunités que votre ancien site ne couvrait pas. La nouvelle arborescence peut intégrer de nouvelles catégories, de nouvelles pages de contenu ou un blog structuré autour de ces opportunités.
Ne surchargez pas le lancement avec trop de nouvelles pages. Privilégiez la qualité : quelques contenus très bien optimisés produiront plus de résultats qu’une dizaine de pages bâclées. Vous pourrez enrichir progressivement votre site après la stabilisation.
Anticiper les performances de chargement dès la conception
La performance est un sujet que beaucoup de projets de refonte traitent après coup, quand les maquettes sont validées et le développement bien avancé. C’est une erreur. Un site lent fait fuir les utilisateurs (25 % des visiteurs quittent une page qui met plus de 4 secondes à charger) et envoie un signal négatif aux moteurs de recherche. Google intègre les Core Web Vitals dans ses critères de classement : ignorer la performance, c’est accepter un handicap SEO dès le lancement.
Les performances doivent être intégrées au cahier des charges et testées à chaque étape du développement, pas uniquement la veille de la mise en ligne. Voici les points à surveiller :
- Images : compressez systématiquement chaque visuel (WebP ou AVIF de préférence), définissez des dimensions explicites pour éviter le layout shift, et implémentez le lazy loading sur les images situées sous la ligne de flottaison.
- CSS et JavaScript : minifiez les fichiers, supprimez le code inutilisé (un thème ou un plugin de l’ancien site qui traîne), et différez le chargement des scripts non critiques. Un nouveau design plus riche en animations ou en JavaScript peut facilement doubler le poids de vos pages si personne n’y prête attention.
- Mise en cache : configurez un cache navigateur et un cache serveur adaptés. Pour les sites sous WordPress, des solutions comme WP Rocket ou LiteSpeed Cache simplifient la mise en place.
- Hébergement : si votre ancien hébergement était déjà limite, la refonte est le moment de monter en gamme. Un serveur plus rapide bénéficie à la fois à vos utilisateurs et au crawl de Google.
Testez avec PageSpeed Insights et GTmetrix à chaque sprint ou étape de développement. Comparez les scores avec ceux de votre ancien site. Vos cibles :
- Largest Contentful Paint (LCP) inférieur à 2,5 secondes.
- Cumulative Layout Shift (CLS) inférieur à 0,1.
- Interaction to Next Paint (INP) inférieur à 200 ms.
Si vous constatez une régression par rapport à l’ancien site, corrigez avant la mise en production. Lancer un nouveau site plus lent que l’ancien est le meilleur moyen de transformer une opportunité de croissance en recul de visibilité.
Les outils indispensables pour piloter une refonte SEO
| Besoin | Outils recommandés | Usage dans le cadre de la refonte |
|---|
| Crawl de site | Screaming Frog, Sitebulb, OnCrawl | Inventaire des URLs, détection d’erreurs, validation des redirections |
| Suivi de positions | Semrush, Haloscan, SE Ranking | Monitoring quotidien des mots clés avant, pendant et après |
| Analytics | Google Analytics, Matomo | Suivi du trafic, des conversions, du comportement utilisateur |
| Search Console | Google Search Console | Indexation, erreurs 404, soumission du sitemap, inspection d’URL |
| Analyse de backlinks | Ahrefs, Semrush, Majestic | Inventaire des backlinks, identification des liens critiques |
| Performance web | PageSpeed Insights, GTmetrix, WebPageTest | Test de vitesse et Core Web Vitals avant et après |
| Gestion des redirections | Screaming Frog (mapping), fichier .htaccess, plugin Redirection (WordPress) | Création et validation du plan de redirection |
| Analyse de logs | Screaming Frog Log Analyzer, OnCrawl | Vérification du comportement de Googlebot post-lancement |
Cas particulier : refonte e-commerce et sites à fort volume
Pour un site e-commerce avec des milliers de pages produit, la refonte prend une dimension supplémentaire. Les enjeux sont directement liés au chiffre d’affaires : chaque page produit bien positionnée génère des ventes. Une perte de positionnement, même temporaire, a un impact financier immédiat.
Les spécificités à anticiper
- Les URLs paramétrées : les sites e-commerce génèrent souvent des milliers d’URLs avec des paramètres (filtres, tri, pagination). Vérifiez la gestion des canonicals et du robots.txt pour éviter le contenu dupliqué à grande échelle.
- Les pages produit supprimées : les produits en fin de vie sont souvent supprimés lors de la refonte. Redirigez-les vers la catégorie parente ou vers le produit le plus proche, pas vers la page d’accueil.
- Les données structurées produit : vérifiez que les données structurées Product, Offer et AggregateRating sont correctement implémentées sur le nouveau site.
- La migration du CMS : le passage d’une solution à une autre (Magento vers Shopify, PrestaShop vers WooCommerce, etc.) implique souvent un changement radical de la structure des URLs. Le plan de redirection sera volumineux mais indispensable.
Pour les sites dépassant 10 000 pages, envisagez une migration par étapes si c’est techniquement possible. Commencez par une section du site, validez que tout fonctionne, puis déployez le reste. Cela limite les risques et facilite le diagnostic en cas de problème.
Quand et pourquoi faire appel à un expert SEO
Si votre site génère un trafic organique significatif (plus de 5 000 visites par mois), si vous changez de CMS, si vous modifiez votre nom de domaine ou si vous fusionnez plusieurs sites, l’accompagnement par un consultant SEO n’est pas un luxe mais une assurance.
Le coût d’un accompagnement SEO pendant une refonte est toujours inférieur au coût d’une perte de trafic post-lancement. Reconstruire un positionnement perdu prend des mois, parfois plus d’un an, et il arrive que certaines positions ne soient jamais récupérées.
L’expert SEO intervient idéalement dès la phase de cahier des charges, suit le projet pendant le développement, réalise le recettage avant mise en ligne et assure le monitoring post-lancement. C’est cette présence continue qui fait la différence entre une refonte qui préserve votre investissement SEO et un projet qui le détruit.